Samuel Fasse X Joyce Gallery

Voiles de réalités

« Il y a ici des moments de lumière absolue, accusant tout, polyvalente, et en même temps précise, s’acharnant sur un seul objet… »

Marguerite Duras, L’après-midi de Monsieur Andesmas, 1962.

Dans la belle logique de la pesanteur, l’étoffe coule et se déploie, le long d’un corps, suspensive. Et, sitôt que l’image s’impressionne, l’intangible définition, la versatile résolution agite la surface, tel un  spectre ondoyant à la lueur d’une flamme volatile. Les motifs quasi chorégraphiques varient alors, les jeux et rejeux s’impriment à des échelles marquantes, entre danse et tableau. Voiles de réalités.

Samuel Fasse, présente ici, dans un prolongement exigeant de sa performance au palais de Tokyo, un geste éditorial en collaboration avec Camille Vivier où l’accent porté sur la transversalité de son travail de création restitue une manière, un mode de composition, qui pense l’accessoire autant que le corps qui le porte, de l’image digitale au motif placé. Correspondances et des écarts où se dressent, s’érigent et se meuvent des scènes paradoxales et belles, des temporalités relatives et plastiques, que les prises photographiques de Camille Vivier déploient subtilement dans ce fanzine.

Les formes d’intensité que convoquent ces images et carrés imprimés, scènes instantanées,  racontent notre époque, écho contemporain d’une dimension augmentée du monde, agile et ductile, virtuel parfois mais surtout multiple et sensible. Cette présentation, ce jour, à l’aune de ces regards photographiques, creuse le sillon précis d’une tête chercheuse, et de ces rêveuses prothèses, performances de songes.

Mathieu Buard


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